Lettre ouverte à M.Macron – Coup de gueule n°2

Monsieur le Président,

Je me présente, je suis une femme comme les autres, une féministe par fierté d’être une femme, une mère de famille qui adore ses enfants, une femme seule et contente de l’être, et enfin une femme qui fait partie de la classe moyenne qui est en passe de rejoindre les “sans dents”, comme les appelait si gentiment votre très cher ami M.Hollande.

Si je me décide à vous écrire, c’est que je pense que le moment est venu de vous faire comprendre pourquoi vous avez été élu. Vous semblez, étourdi par l’allégresse de votre récente réussite, l’avoir déjà oublié. J’espère que vous n’avez pas déjà pris la grosse tête comme vos prédécesseurs.

Premièrement mettons les points sur les i. Vous n’avez pas été élu pour votre physique avantageux, ni pour votre programme, ni pour soutenir votre parti. Non, vous avez été élu, car le peuple éprouvait  un dégout rédhibitoire pour le monde politique conventionnel, et surtout par un espoir démesuré des français de voir enfin une politique différente. Une politique qui serait proche de nous et qui comprendrait enfin nos attentes. Que vous sauriez vous mettre à notre niveau, pas celui des nantis. Vous savez les autres, le reste de la population. Celle qui souffre de plus en plus, qui n’arrive plus à finir ses fins de mois, et qui en à marre.

Je me permets de vous dire, que nos attentes ne sont pas du tout celles de vos premières décisions. Quelle déception vous nous infligez ! Je ne veux pas dire que je croyais en vous, je ne suis pas si bête. Mais j’ai cru,  je vous l’avoue, que vous essaieriez d’être différent. D’apporter un nouveau souffle, un renouveau et surtout un espoir pour l’avenir qui nous a tous quitté depuis si longtemps.

Commençons par votre première décision avec coup d’éclat. La baisse du budget de l’armée. Personnellement cela ne me touchait pas, bien que pour les autres pays et éviter les conflits, nous devrions nous montrer fort militairement. Mais était-ce le meilleur moyen de récompenser nos soldats à la veille du 14 juillet de leur implication dans divers pays en guerre ? Des heures qu’ils ont passé à arpenter les endroits publics dans le cadre du plan vigipirate ? Des morts, tombés pour la France et enlevés à leurs familles ?

Continuons avec vos deux autres décisions. Une réforme de l’ISF (impôt sur la fortune), qui va permettre au plus riches d’être allégés fiscalement et engendrer une perte de revenu pour l’état de 3 milliards d’euros. Et une réforme sur l’APL, ou les plus pauvres et les étudiants devront supporter encore une baisse de revenu et qui ne compensera au budget de l’état que la valeur de la baisse de l’ISF. J’avoue que là je m’y perd. Si ce n’est pas un foutage de gueule et une provocation, je ne sais pas ce que c’est. Franchement vous croyez que nous avons besoin de cela ?

Comment avez vous pu laisser dire par la députée Mme Claire O’Petit : ” Ça va, messieurs, dames. Arrêtez ! Si à 18, 19, 20, 24 ans vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève cinq euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ?”. Sait-elle cette dame que cela correspond à parfois deux journées de repas pour certains ? Et quand elle rajoute que les étudiants sont boursiers donc qu’ils ont les moyens. La, je vous avoue que j’ai envie de la claquer. Il est très difficile pour les parents de classe moyenne d’obtenir des bourses. Ils gagnent trop soit-disant. Mais fiscalement ils paient tout. Les impôts qui ont tellement augmenté, qu’ils n’ont plus de pouvoir d’achat. D’autre part ils ont souvent plusieurs enfants, alors payer des logements, des frais d’inscription, de nourriture et d’habillement à tous est plus que difficile , voire impossible. Faut-il empêcher un ou deux de leurs enfants de pouvoir faire des études, pour qu’un seul réussisse ? Et je ne parle pas de l’aide qu’ils doivent aussi souvent apporter à leurs parents. Vous savez ces petits retraités qui ont cotisé toute leur vie durant et qui finissent avec une retraite de misère ? A qui il reste 5 euros par jour pour manger.  Une retraite qui ne leur permet même pas de finir leurs jours dans une maison de retraite. Qui paye le complément quand ils doivent intégrer une maison de retraite, malgré leurs faibles revenus à votre avis ? Sans parler de la honte éprouvée par ces pauvres gens qui savent qu’ils mettent leurs enfants à contribution et cela leur est intolérable ? Savez-vous également qu’un nombre très important d’étudiants (es) se prostituent pour arriver à survivre pendant leurs études ? Alors oui 5 euros c’est important pour eux, surtout qu’ils ne s’attendaient pas à une baisse mais plutôt à une augmentation. Augmentation qui aurait été tout à fait légitime.

Quand allez-vous réagir ?

Et prendre des mesures pour lesquelles vous avez été élu. Retrouver le plein emploi, augmenter le pouvoir d’achat, combattre l’insécurité, lutter contre le terrorisme, supprimer la précarité, revaloriser les retraites, aider les familles monoparentales, etc.

La liste est longue, vous avez de quoi faire. Pourquoi avoir commencer, par rendre les fortunés encore plus prospères et condamner les miséreux a être encore plus démunis ?

Il y aurait encore tellement à dire. Je vous reconnais deux qualités. Vous êtes un bon orateur, j’ai aimé l’hommage que vous avez rendu à Simone Veil et je reconnais que vous représentez bien la France à l’étranger. Est-ce tout ce que l’on peut attendre de vous et de votre gouvernement ?

macronJusqu’à maintenant, le peuple français serrait les poings et espérait. Mais hélas, je pense que la corde a été trop tendue et que maintenant elle est prête à céder. Il faut vous décider à écouter la parole de ceux qui vous ont élu. Et cela vite, très vite, la colère gronde en France et l’exaspération atteint ses limites. Nous aimerions retrouver le sourire et la joie de vivre qui représentent si bien les français. Cela ne se fera pas, à coup de réceptions à l’Élysée avec des artistes. 

Voila un message qui circule sur internet, et après tout qui peut être une solution. Tout le monde doit participer à l’effort national, autant commencer par donner l’exemple au sommet de l’état.

 

Voila M. le président, le message qu’une simple prolétaire, voulait vous faire passer. Je sais que vous ne lirez jamais ceci, car du haut de votre tour d’ivoire, ma lettre ouverte a bien peu d’importance. C’est dommage, mais sait-on jamais, dans tous les cas, elle aura le mérite d’exister.